Comment négocier une rupture conventionnelle ?

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Il est de plus en plus rare que l’on reste dans la même entreprise toute sa vie. Si vous ne vous retrouvez plus complètement dans votre poste, que vous ne vous sentez plus à votre place dans votre quotidien de travail ou que vous aspirez à une nouvelle aventure professionnelle, vous avez peut-être envisagé la rupture conventionnelle. Cette solution permet au salarié d’opérer une transition professionnelle “en douceur”. Il ne faut pour autant pas oublier qu’elle n’est pas un dû de la part de l’entreprise. L’employeur a aussi potentiellement de bonnes raisons de ne pas l’accepter. C’est pourquoi demander une rupture conventionnelle s’anticipe, se prépare et s’argumente. Voici trois questions sur lesquelles s’appuyer pour identifier si c’est la meilleure solution, pour vous comme pour votre employeur.

#1 - Quelles sont les raisons de ma demande ?

La première étape avant d’envisager la rupture conventionnelle, c’est d’identifier pourquoi c’est la bonne solution pour vous. Qu’est ce qui ne vous convient plus dans votre situation professionnelle actuelle ? Avez-vous fait le tour de votre poste ? L’entreprise n’a-t-elle pas de perspectives d’évolution à vous proposer ? Avez-vous un autre projet professionnel en tête ? Ou besoin d’une pause pour reprendre votre souffle ou gérer des soucis personnels ? Avez-vous déjà essayé de faire évoluer les choses, d’exprimer ces raisons à votre manager, ou à votre RH ? Vous poser ces questions vous permettra de bien identifier si quitter votre entreprise est la meilleure manière d’améliorer votre situation. Si c’est le cas, alors vous aurez tous les arguments en mains pour aborder le sujet avec votre employeur.

#2 - Quelles seraient les conséquences de mon départ pour mon employeur ?

Votre employeur appréciera de voir que vous adoptez une attitude responsable et que vous essayez de vous mettre à sa place. Pour comprendre et répondre au mieux à ses besoins, vous pouvez essayer d’anticiper les conséquences de votre départ. Votre employeur va t-il devoir recruter une nouvelle personne ? La former ? Prendre conscience de ses enjeux et vous mettre à sa place vous permettra d’être force de proposition lors de la conversation  : vous pourrez par exemple envisager de participer au recrutement de la personne qui vous remplacera, de la former…

#3 - Que faire en cas de refus ?

Gardez en tête que votre employeur n’est pas obligé d’accepter votre demande. En cas de refus de sa part, quel est le plan B que vous envisagez ? Êtes-vous prêt.e à démissionner ? Et si non, pour quelles raisons ? Cela vous permettra de valider votre motivation à changer et/ou d’identifier les peurs qui vous empêchent de sauter le pas. Vous pourriez par exemple craindre de vous retrouver en insécurité financière, et en creusant un peu, vous rendre compte que vous avez les ressources nécessaires pour vivre un moment sans rentrée d’argent.

Connaître ses besoins et ceux de votre employeur sont autant d’éléments qui vous permettront d’ajuster au mieux la façon dont vous ferez votre demande. Et si jamais cela ne fonctionne pas, cela peut aussi être une chance. Combien de gens quittent leur boîte avec un projet d’entrepreneuriat en tête et arrivent à la fin de leurs droits sans même avoir avancé sur leur projet initial. Parfois c’est quand on se retrouve au pied du mur que l’on déploie des trésors d’inventivité et de débrouillardise !

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